LE POUVOIR N'EST PAS LA OU ON LE CROIT
A ce stade, vous pourriez raisonner comme des pucelles octogénaires et vous dire "c'est foutu". Et vous auriez raison parce que ... c'est foutu ! La connerie est tellement bien implantée dans le monde qu'il serait parfaitement utopique de s'imaginer pouvoir un jour la faire disparaître. Tout historien honnête vous dira qu'en plusieurs millénaires elle n'a pas diminué d'un iota : mêmes systèmes, mêmes raisonnements, mêmes croyances, mêmes comportements. Pourquoi ferions-nous mieux que nos ancêtres ?
Par contre, nous pouvons désormais nous exprimer sans subir de censure, du moins pour quelque temps encore. Car les rusés, qui ont pigé le danger, sont déjà en train de chercher des moyens de nous couper le sifflet : il n’y a qu’à constater la multiplication des atteintes à la liberté d’expression. Et s’ils font cela, c’est qu’ils savent très bien qu'ils ont la force ... mais pas le pouvoir !
Là, je sens que ça vous la coupe ...
Eh oui, le pouvoir n'a rien à voir avec la force, comme l'étiquette n'a rien à voir avec le camembert. La force c'est la capacité à soumettre alors que le pouvoir c'est ce que vous apportez à votre environnement dans le cadre d'un partage, votre "nécessité d'existence".
Et la différence essentielle entre les deux c'est qu'utiliser la force c'est risquer sa vie alors que fonctionner dans un schéma de pouvoir c'est la préserver.
C'est confus ?
Exemple : un mec qui se retrouve seul sur une île déserte avec une vache.
Premier cas, il utilise la force et tue la vache pour la manger. Il va se nourrir allez ... disons une semaine et puis il va changer de coin vite fait pour fuir les mouches ou jeter le reste de barbaque pourrie à la mer pour faire fuir les requins qui bouffent de tout mais pas à ce point là. Après, il crève de faim un petit moment avant de crever tout court pour plus longtemps.
Deuxième cas, il voit plus loin que le bout de son nez, analyse TOUTE la nécessité d'existence de la vache, pense donc évidemment à son lait qui peut lui procurer, en se renouvelant chaque jour, un temps de survie plus important qu'une demi-douzaine de steaks qui repoussent pas. Dans ce cas, l'homme a compris que la vache a du pouvoir sur lui, ce qui n'est pas facile à admettre mais tellement bon pour la santé. Et puis si on a une petite pulsion et que ça sous la main ...
Non.
Avoir du pouvoir, c'est donc avoir quelque chose à donner et assez généralement dans le cadre d'un partage. Et le pouvoir, c'est la vie ! Rien, dans la nature, ne peut vivre sans pouvoir. Tout ce qui n'a pas de "nécessité d'existence" disparaît !
A tel point que l'on sait très bien, aujourd'hui, que supprimer un prédateur d'un environnement c'est condamner la ou les espèces qui lui servaient de pitance. Elles se reproduisent trop, détruisent leur environnement et du même coup s'éteignent. Un zébu qui se fait becqueter par des hyènes, ce n'est donc pas cruel, c'est utile.
Si j'étais l'homme, moi, je ferais gaffe ... parce qu'à force de faire disparaître des espèces, la couche d'ozone et de fourrer l'air et l'eau de tonnes de cochonneries, sa nécessité d'existence il va la perdre dans pas longtemps. D'ailleurs, par rapport à la nature, cherchez bien le pouvoir de l'homme.
A quoi il sert ?
Qu'est-ce qu'il lui apporte à la Terre ?
Moi, à la place d'homo sapiens, je chercherais vite fait une réponse valable ...
Quel est l'intérêt de tout ça, me direz-vous ? Eh bien ça peut servir à apporter des solutions à des tas de problèmes. Solutions utopiques, certes, mais solutions quand même.
Commençons par un exemple simple : quelqu'un m'agresse verbalement avec un truc du genre "Espèce de sale con !", ce qui a moins d'originalité qu'un pou sur la tête d'un chauve et constitue ainsi un meilleur exemple.
Je sais maintenant que c'est son instinct de domination qui le manipule et que le malheureux n'y peut rien parce qu'il n'en est pas conscient. Evidemment, par son comportement, il influence mes propres instincts, il remet en cause ma nécessité d'existence et brutalement tout en moi me pousse à répondre "sale con toi-même!". A ce stade, je sais que nous ne sommes guère plus intelligents que deux clébards grognant, la bave suintant aux commissures des babines mise à part ... et la queue en l'air aussi peut-être.
Comme je sais cela, au lieu de répondre logiquement à l'agression par l'agression, je vais lui expliquer ce qui va se passer, c'est-à-dire des gnons et des emmerdes pour tous les deux, les flics au mieux et l'hosto au pire. Pleins de problèmes alors que deux minutes auparavant nous nous ignorions superbement et que donc nous foutre sur la gueule serait parfaitement stupide et n'apporterait rien, ni à l'un, ni à l'autre, allez va, je te paye un coup, on va chercher nos copines et on passe une bonne soirée à faire connaissance et on va sûrement devenir copains parce qu'il n'y a pas de raison que tu sois plus con que moi.
Le mec, pas con, comprend et hop, ça me fait un copain de plus et des bosses en moins.
Mais ça, c'est l'utopie.
Parce que, en réalité, le gars complètement instinctif et qui ne le sait pas va, sans réfléchir une seconde et surtout s'il y a des témoins, me balancer un sournois : "tu te dégonfles ?" histoire de confirmer sa domination, ce que ma nature aussi profonde qu'animale va forcément refuser et manifester ceci par un tout aussi sournois coup de pompe dans les couilles de l'autre.
Les emmerdes commencent ...
Nous venons de voir l'effet de la force primaire s'appuyant sur l'instinct de domination qui nous fait nous affronter pour déterminer lequel a la nécessité d'existence la plus forte pour l'espèce ... eh oui, encore cette foutue procréation mais de dit-on pas d'un va-t-en guerre "il en a dans la culotte" ?
Cependant, notez bien que la force est ainsi au service d'un rapport de dominant/dominé qui va s'établir entre les belligérants, le dominant étant alors utile au dominé et inversement, la nécessité d'existence de chacun étant reconnue et respectée. C'est le train-train de la vie et, dans la nature, personne n'a jamais trouvé qu'il y ait de quoi fouetter un chat.
Mais pour l'homme, tout ça est devenu très complexe.
Tout d'abord parce que le pouvoir n'est plus réparti par rapport à un affrontement aux poings ou à la crapette, mais suite à une "nomination" qui découle du système que nous avons analysé dans les chapitres précédents.
Et pourquoi sommes-nous nommés : de plus en plus parce qu'on a fait des études ou qu'on a des relations, deux raisons pouvant générer des effets aussi pervers que papi à la sortie du cours de danse des demoiselles de la légion d'honneur.
C'est-à-dire que nous avons désormais de bonnes chances de nous retrouver avec des chefs qui sont à-peu-près tout ... sauf des chefs. C'est vrai dans les entreprises où le patron est nommé et pour les cadres, c'est vrai dans l'administration, c'est vrai dans la politique, c'est vrai dans l'armée.
Ooooh ça a bien l'allure d'un chef ... mais en cas de coup dur, pfuiiit ! Plus personne, incapable d'assumer, le chef ! Quitte à faire porter le chapeau à un sous-fifre et à le sacrifier : là, il devient tout le contraire d'un chef !
Si la guerre de 40 n'avait pas eut lieu, de Gaulle, avec sa grande gueule et cette manie d'avoir toujours raison, aurait eu toutes les chances de finir obscur colonel ... Mais il y a la guerre, pas de chefs, alors il se nomme général tout seul comme un grand, il dit qu'il est le chef et surtout il se comporte comme tel. Puis il gagne la guerre et il devient notre Président à nous.
Bon d'accord, là, il a rien que des embêtements. Mais c'est parce que le vrai-vrai chef est revenu au pouvoir et que face à celui-là, la nécessité d'existence du général ne pesait plus très lourd.
Vous voyez de qui je veux parler ?
LE FRIC ! Monnaie, pognon, tune ... la plus belle saloperie que l'homme ait pu inventer et qui, maintenant, dirige l'humanité. L'illusion totale d'un machin qui a autant de pouvoir qu'un gnou de 110 ans, c'est-à-dire intéressant exclusivement les hyènes et les vautours.
C'est le truc qui vous a piqué votre liberté : essayez d'imaginer un endroit où vous n'en auriez pas besoin. Imaginez que vous avez travaillé toute votre vie, que votre maison est payée, que vous vivez de vos lapins et de votre potager, que vous vous éclairez à la résine et que vous vous chauffez au seul moyen de votre cheminée ... on vous demandera encore du fric et si vous ne pouvez pas payer, saisie et dehors !
Vous n'êtes nulle part chez vous, libre et sans comptes à rendre !
La nécessité d'existence de l'homme moderne est désormais liée à un bidule qui n'est ni nourrissant, ni calorique, tout juste bon à faire des cocottes en papier : le fric.
Dans les pays où il n'y en a pas, il crève.
Dans certaines contrées, grâce à lui, l'homme est devenu moins qu'un animal de zoo, réduit à errer sans pouvoir chasser, cultiver ou élever, vivant de quelques O.N.G. qui ne seront JAMAIS une solution.
La "civilisation économique " a inexorablement détruit le peu de dignité humaine qui restait sur Terre en exterminant puis en affamant.
Derrière les massacres ? Le fric.
Derrière les famines ? Le fric.
Derrière vos maladies ? Le fric.
Derrière "votez pour moi" ? Le fric. On le sait, le FN c'est plus de 6 millions d’euros par ans pour environ 15% des voix seulement. Alors, combien pour celui qui fait 50% ? Si je compte bien ça va chercher un peu plus de 20 millions / an ... à ce prix là, vous croyez vraiment que vos petits problèmes les intéressent ?
Votre nécessité d'existence ?
Un prout de fourmi en goguette !
Leur nécessité d'existence ?
Vos voix !
Et pour les avoir, ils sont prêts à vous raconter tout ce que vous avez envie d'entendre.
Vous voyez les choses changer ? Non ? Et bien je vous annonce qu'il n'y a aucun risque. Parce que maintenant ils sont prêts pour l'assaut final : la mondialisation, la fourmilière gigantesque dans laquelle vous allez perdre le peu de libre-arbitre que vous croyez avoir, dans laquelle vous ne serez qu'à peine des zombis. Regardez la télé ! On vous en montre déjà quelques-uns ...
Quelques groupes multinationaux sont en train de se constituer sous nos yeux et pour eux, demain, nous ne seront plus que des pions jetables dès que nous n'apporterons plus rien à leur pouvoir.
Ne sont-ils pas déjà capables de dicter leur loi à des pans entiers de la Terre ?
Ne voyez-vous pas que les chefs d'états ne sont plus que des représentants de commerce ? Une seule différence avec le VRP ordinaire : ils peuvent vous mettre un canon sur la tempe, éventuellement avec une ogive nucléaire dans la culasse.
Vous avez déjà vu un bœuf aller à l'abattoir ? Il sait, il sent ... il lui reste encore un peu d'instinct de survie. Nous, on y va en croyant que c'est le bonheur, noyés par le système qui nous inonde du chant des sirènes.
Vous croyez que ce sont les politiques qui chantent ?
Mais vous n'avez rien compris ! Les politiques, c'est les gros bras, les sbires, les mercenaires. Aujourd'hui, les rusés, ce sont les financiers. Leur temple ? La bourse. Et combien d'humains l'adorent chaque jour en récitant la litanie des cours ?
Le fric va réussir là où le fascisme et le bolchevisme ont échoué. Pourquoi ? Parce que, contrairement à ces systèmes, le fric joue la nécessité d'existence sur des petits groupes, vos familles, ce qui facilite la manipulation des masses de rejetés.
Et ça marche parce que si le fric est aberrant, il permet la mise en scène d'un spectacle naturel, acceptable.
- Le soir au 20 heures, la vue d'un petit soudanais en train de mourir ne nous coupe pas l'appétit, Germaine, tu me passes la moutarde ?
- Une agression dans la rue ou le métro n'empêche pas les gens non concernés de circuler comme si de rien n'était.
- Une gazelle en train de se faire déguster par un lion n'empêche pas ses congénères de brouter paisiblement à côté.
La nature nous a ainsi faits que la pérennité de l'espèce passe par notre survie propre et par celle de nos proches, mais sûrement pas par la défense de tous les membres de l'espèce. Sinon, où serait la sélection ?
Ca, les rusés le savent !
Et le meilleur moyen de vous tenir en laisse, c'est de vous montrer tout ce à quoi vous échappez.
Vous n'êtes pas chômeur ? Tenez-vous à carreau : vous voulez être l'antilope qui mange ou celle qui se fait manger ? Alors acceptez de faire partie des privilégiés ! Le RMI en France c'est mieux qu’un salaire en Angola ... donc vous êtes tous privilégiés ! Versez quelques larmes sur les autres tiens d'ailleurs on va compatir aussi mais comme c'est avec votre fric à vous ce n'est pas grave l'important c'est que vous pensiez que c'est nous qui sommes bons, sensibles, humains ...
Humains ...
Oui ils sont humains ! C'est pour cela qu'ils nous traitent comme tous les animaux et les végétaux qu'ils ont exploités, décimés. Ils ont spolié la nature et ils sont tout prêt de le faire maintenant avec l'humanité !
Pendant ce temps, nous bouffons, nous baisons, nous sommes comme des cons devant la télé, on applaudit quand on nous le demande, on rit quand on nous le demande, on téléthone quand on nous le demande, on bosse quand on nous le demande, on va à la mer quand on nous le demande (mais là ils virent les clodos parce que l'hiver quand ils meurent de froid au 20 heures c'est bien mais pendant les vacances ça fait chier).
Du bétail, vous dis-je, se foutant royalement du camion qui part régulièrement à l'abattoir du moment qu'il n'est pas dedans et que l'auge est pleine. Du bétail sans méfiance.
Vous avez applaudi à la chute du mur de Berlin ? Quelle erreur ... entre deux extrêmes, il y avait toujours l'espoir d'une troisième voie. Maintenant, il n'y a plus qu'un extrême ... et peu d'espoir.
Car le seul espoir qui nous reste, encore une fois, consiste en une réaction populaire aussi peu probable qu'une charge d'éléphants sauvages dans la cour de la Sorbonne : prendre conscience de son pouvoir et surtout ... l'utiliser !
Restons en France, pays dont plein de choses pas cons sont parties, et imaginons ...
Nous savons aujourd'hui que la majorité des Français en a ras le bol des hommes politiques actuels qui sont tellement cons qu'ils n'arrivent même plus à faire semblant de ne pas être des salauds. C'est à dire que si les votes blancs comptaient du genre "vous n’avez pas des mecs un peu moins cons à nous proposer ?", ils l'emporteraient à la majorité absolue au premier tour !
Mais ça, le premier institut de sondage qui en parle il a une bombe dans la culotte et plus assez de voix après pour la ramener encore ... car qu'est-ce qui se passerait si nos politiques décidaient que les votes blancs se mettent à compter ?
98% d'inscrits sur les listes électorales, 89% de votants, 97% d'exprimés, 63% se prononcent pour le vote blanc !
Exit les mecs !
Plus de nécessité d'existence, plus de jolie grosse berline avec chauffeur, plus d'enveloppes nettes d'impôts, plus de secrétaire obséquieuse toute prête à les clintonniser, etc.
C'est pour ça qu'ils protègent un système qui leur permet d'être élus avec même pas le tiers des voix des français !!!
Parce qu'une fois élus, ils passent à la télé et ils vous disent "je suis le machin de tout le monde sans distinction puisque vous êtes tous assez cons pour accepter ça et que vous savez bien que tout ce que j'ai dit avant c'est rien que du bidon mais c'est pas grave parce que l'autre en face il aurait fait pareil et il s'en fout plein les poches comme moi et tant que vous avez de quoi bouffer des nouilles fermez vos gueules et faites pas chier et vous occupez pas des SDF qui de toute manières ont pas la télé et peuvent pas m'entendre".
Bah oui ! Ils sont élus par quelques-uns et après ils ont, pour ce con de citoyen, le mépris du mec qui a été pondu par une duchesse sans se rendre compte que c'est tombé sur lui tout à fait par hasard. En fait, malgré la révolution, nous avons gardé une mentalité de serfs soumis à leurs seigneurs et maîtres.
Parce que la solution, ce serait que tous ceux qui ne sont pas d'accord ... ne votent pas !
C'est de ça dont ils ont une trouille bleue nos grands chambellans : 15% de suffrages exprimés.
Ils auraient l'air de quoi ?
Là, ça serait plus dur de pavaner après le scrutin parce que, dans leur petites têtes, apparaîtrait une pensée sournoise mais non saugrenue : "la vache ! maintenant je risque d'en avoir demain quelques millions dans la rue ..." Et ils pourraient toujours essayer de fabriquer quelques serrures comme Louis XVI, c'est pas ça qui les sortirait de la vindicte populaire qui ne tarderait pas à se manifester.
C'est pour tout ça qu'ils ont inventé le FN et les spots de pub citoyenne genre soyez des veaux bien gentils et votez pour être de bons citoyens et vous voterez pour nous de toute manière car gauche ou droite on sort des mêmes écoles et vous n'aurez jamais d'autres choix et on continuera à vous diriger alors que, naturellement, nous n'avons aucune légitimité pour cela.
Le système est bien ficelé.
Nous sommes tous comme des mouches sur du papier glu et c'est bien fait pour nous car on avait qu'à être moins cons.
Mais cette simple pensée est tellement utopique ...
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